Les bibliothèques à l’étranger : l’exemple du Canada

La bibliothèque publique de Vancouver au Canada est un exemple d’innovation, tant au niveau de son architecture que des services (numériques) qu’elle met en place.

Cet article de Michael Kozlowski, publié sur le blog Good E-Reader, explique en détail les spécificités de cette bibliothèque pas comme les autres :

La bibliothèque publique de Vancouver est la plus importante de Colombie-Britannique (au Canada) et se prépare à faire quelque chose de très innovant. En 2012, la bibliothèque disposera des deux derniers étages de son immeuble et les transformera en un immense espace vert. On y trouvera des vendeurs de nourriture, et les promeneurs pourront y lire tranquillement 9 histoires sur la ville, dans un environnement paisible. Aucune autre bibliothèque n’avait fait une telle chose auparavant, et ce sera donc une grande première dans l’aménagement urbain.

L’espace vert sera construit en 2015, dès expiration du bail actuellement détenu par le gouvernement de la province de Colombie-Britannique, sur la location des deux derniers étages.

La bibliothèque disposera ainsi de la totalité de l’immeuble, et deux étages pourront donc être alloués aux jardins et brasseries. L’idée est de proposer aux visiteurs un endroit silencieux, où ils pourront se détendre tout en lisant un livre ou un ebook sous le soleil. L’espace mesurera environ 12 200m², et sera conçu par Cornelia Oberlander. Il sera ouvert au public, donnant ainsi à tous ceux qui le désirent la chance de profiter de la vue spectaculaire sur la ville, Vancouver étant particulièrement agréable en été.

 

Nous nous sommes entretenus aujourd’hui avec Sandra Singh, conservateur des bibliothèques, et Christina Castell, responsable technique Nous avons discuté du nouvel espace vert et de la croissance de l’ebook, ainsi que sur la façon dont une grande bibliothèque pouvait gérer le prêt à une large population.

La Bibliothèque Publique de Vancouver dispose d’un budget annuel avoisinant les 20 000 dollars pour le prêt des ebooks. La majorité des contenus est fournie par Overdrive, qui traite la distribution et détient la plupart des titres. Le reste du budget est dépensé dans les revues, la musique et la vidéo numériques. En tout, le numérique représente 20% du budget annuel total, et cette part devrait encore augmenter les cinq prochaines années.

L’aspect le plus intéressant de cette bibliothèque concerne sa politique d’acquisition de nouveaux ebooks. Christina déclare : « Pour les titres d’Hachette et d’autres éditeurs, nous regardons la liste des réservations de titres numériques et regardons combien de personnes aimeraient avoir un exemplaire numérique. A chaque fois que l’on atteint 6 réservations, nous achetons généralement un autre exemplaire du titre, cela vaut le coup et cela nous permet de satisfaire la demande. »

Avec la croissance du numérique, dans une grande bibliothèque, on aurait tendance à s’attendre à une chute de la fréquentation. Ce n’est pourtant pas le cas : en fait, la bibliothèque constate une certaine stabilité dans sa fréquentation, que ce soit par les jeunes, les étudiants, ou les autres populations.

L’un des programmes les plus appréciés concerne le développement de l’alphabétisation numérique. Sandra affirme : « Nous prenons chaque jour de grandes décisions quand nous lisons les journaux, les blogs, ou quand nous regardons la télévision. Mais la plupart des contenus est développé dans le but de favoriser les intérêts d’entreprises, ou montre clairement un parti pris. Il est essentiel que les gens apprennent à décortiquer un média et comprennent ce qu’il faut partager – ou pas – sur internet ».

Je pense que c’est une très bonne chose que la bibliothèque fasse son possible pour aider les gens à comprendre les média numériques, et à leur apprendre à avoir un regard critique sur ceux-ci.

Ces programmes attirent des foules de jeunes étudiants mais aussi des sessions éducatives pour les jeunes enfants, et leur donnent la chance de découvrir de vrais livres.

Dans quelle mesure exactement les bibliothèques participent-elle à la croissance du numérique ?

Sandra précise qu’elle observe depuis quelques années de profondes mutations. « Avant, les usagers des bibliothèques venaient pour effectuer des recherches pour leurs devoirs, ou pour assister aux conférences. Aujourd’hui, on note de plus en plus la présence de personnes travaillant en groupe et collaborant dans un environnement technologiquement riche. Nous constatons aussi que les travailleurs à domicile gagnent en sociabilité en venant travailler dans une bibliothèque.

Nous connaissons tous la façon dont fonctionnent les bibliothèques américaines (notamment par les actions menées par l’ALA, l’Association des Bibliothèques Américaines), mais les bibliothèques canadiennes marchent d’une toute autre manière. Il existe en Colombie-Britannique un programme intitulé « Collections partagées ». Ce programme permet à toutes les grandes bibliothèques d’acheter des titres d’une liste partagée, et ces livres sont ensuite mis à disposition de N’IMPORTE QUELLE bibliothèque de Colombie-Britannique. Cette méthode était la seule façon pour les bibliothèques d’acheter des ressources numériques, jusqu’à ce que la plupart d’entre elles commence à travailler avec Overdrive. Les conditions générales de vente d’Overdrive stipulent que les livres peuvent être prêtés uniquement dans la zone géographique de la bibliothèque qui les propose, par conséquent, assez peu de nouveaux titres viennent s’ajouter à la version partagée.

Nous avons tous entendu parler du programme pilote mené par Simon & Schuster et Penguin aux Etats-Unis, mais nous voyons rarement les titres de ces éditeurs dans les bibliothèques canadiennes.

Un groupe de travail a été formé en 2011, chargé d’inciter les éditeurs et le gouvernement à fournir plus de contenus au Canada. Le groupe espère disposer de davantage de titres et propose une nouvelle limite de 40 prêts pour un titre, avant de devoir de nouveau l’acheter.

Le groupe semble être parvenu à négocier tout ceci, et les bibliothèques sont invitées à développer leur système de gestion de prêt, pour que les éditeurs puissent plus facilement proposer la vente de leurs titres.

A la fin, ceci devrait permettre à toutes les bibliothèques canadiennes de disposer de la même librairie en ligne, pour faire leurs achats de livres. Les éditeurs fixent eux-mêmes leurs conditions de ventes, et ainsi, quasiment tout le monde gagne au change.

 

Ce système devrait être lancé d’ici un an, mais cela prendra probablement plus de temps, pour des raisons de logistique. Quoiqu’il en soit, ne pas être obligé de se tourner exclusivement vers Overdrive, 3M ou d’autres sociétés est une alternative plutôt agréable.

 

En fin de compte, les bibliothèques canadiennes jouent un rôle important pour l’avenir, malgré la croissance du numérique. Sandra déclare avec prudence : « Les choses bougeront vraiment dans les dix prochaines années, l’essentiel de notre métier aujourd’hui reste l’achat de livres pour une communauté. Rapidement, les bibliothèques se tourneront vers la facilitation de l’information et deviendront des lieux d’entente pour les usagers. Nous voulons participer à la construction d’une culture du lecteur, et permettre aux gens d’être plus tolérants, compréhensifs et empathiques.

La lecture permet d’inculquer ces valeurs aux gens. Nous ne sommes pas une école ou une université, mais c’est ici que se construit l’apprentissage. »

 

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